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Une explication de l’équipe éditoriale en ligne

Nous aimons expliquer notre travail, qui est parfois difficile à comprendre pour les profanes. RTL.lu a fait un excellent travail à cet égard, par exemple dans l’article dans lequel ils expliquent pourquoi ils sont pratiquement obligés de mettre en ligne des photos de voitures accidentées, en raison de la liberté de la presse et d’un enfant mort gisant sur la plage. Voici un LIEN.

On nous demande régulièrement pourquoi nous copions les rapports de police. On nous demande aussi pourquoi nous n’indiquons pas au moins que les nouvelles que nous publions sont des copies de rapports de police.

Ces questions émanent souvent de personnes qui ont „lu le code de la presse“ ou de personnes qui ne font pas confiance à la police aussi aveuglément que nous. Si c’est votre cas, permettez-nous d’abord de remettre en question votre jugement. Vous êtes probablement en colère contre la police parce qu’elle vous a contrôlé en raison de votre couleur de peau, qu’elle vous a soupçonné en raison de votre origine, qu’elle a été dérangée par votre jeune âge ou qu’elle ne vous a pas pris au sérieux en raison de votre genre. Il s’agit là de circonstances exceptionnelles sur le plan émotionnel, que nous comprenons parfaitement. Pour la rédaction aussi, les informations sur les meurtres par des policiers ne sont pas des informations qu’il faut ignorer ou traiter à la légère. Ce n’est pas une information comme les autres. Néanmoins, nous voulons faire notre devoir même dans de telles situations.

Alors pourquoi recopions-nous systématiquement les rapports de police sans les remettre en question ?

Le public a le droit de savoir et les policiers ont le devoir d’informer. Non, attendez, les journalistes ont le devoir d’informer. Et les opérateurs de sites web qui sont en concurrence avec d’autres sites web ont le devoir d’être plus rapides, de générer plus de clics et donc de faire plus de profits grâce à la publicité. Par conséquent, si un rapport de police semble excitant, scandaleux ou simplement destiné à ce que notre public clique dessus pour le plaisir, nous devons le publier.

La police n’est pas seulement bien informée sur les incidents qu’elle rapporte dans ses rapports, elle y est même impliquée. Un certain nombre de cas dans le passé ont montré que la police est prête à déformer, falsifier ou omettre des informations dans ses rapports en cas de doute. Plusieurs études montrent également que le point de vue des policiers est unilatéral et empreint de stéréotypes. En cas d’incident, c’est donc au tribunal et non à la police de déterminer ce qui s’est passé. Mais cela prend du temps ! Et nous, consommateurs, avons le droit de savoir ce qui se passe. Et maintenant.

C’est là que RTL1 entre en jeu. S’il se passe quelque chose où la police pourrait être en tort, nous laissons passer. Bien sûr, nous invoquons la présomption d’innocence et nous faisons comme si la presse n’avait pas le droit de dénoncer les méfaits et les crimes avant qu’un tribunal n’ait statué sur la question. Ce n’est pas à la presse de contrôler l’État. C’est à la presse de critiquer ceux que l’État critique. Et nous pouvons le faire au moins aussi bien que la police. En tant que presse, nous avons le grand avantage d’être considérés comme une sorte d’autorité indépendante. Par conséquent, si nous copions le rapport de police et que nous le publions en tant qu’information sans le préciser, l’image donnée par la police donne l’impression que nous sommes la presse sur place et que nous rapportons nos propres observations.

**- Le code de la presse s’applique aux journalistes de RTL1. L’article suivant pourrait constituer un obstacle à cet égard :

Art. 8 de la présentation de l’information […] b) Les communiqués de presse et autres communications officielles doivent être clairement identifiés comme tels afin d’éviter toute confusion avec le travail journalistique. Les journalistes s’engagent à ne signer de leur nom que les contributions qu’ils ont conçues.“

Mais l’équipe éditoriale en ligne de RTL1 peut-elle être excusée de son travail par un tel article ? Bien sûr que non. Les règles du Conseil de presse ne s’appliquent qu’au journalisme, c’est-à-dire aux sites des journaux et aux journalistes. C’est la raison pour laquelle des employés réguliers travaillent également à RTL1. Ils ne doivent pas se conformer aux exigences strictes des critères de qualité journalistiques. Ainsi, lorsque nous copions des rapports de police, il nous suffit, en tant qu’auteurs, d’écrire „RTL1“ sous l’article et le tour est joué.

**- Voici un exemple de bulletin de police envoyé à la presse de cette manière. Cette fois, en allemand semi-lisible. L’équipe de RTL vérifie d’abord la pertinence sociale et la valeur journalistique. En fait, peu importe le résultat de cette vérification, le site doit être rempli et les nouvelles de la police avec un sentiment un peu triste sont toujours bien accueillies. Ensuite, les aspects individuels de l’information sont vérifiés. Pourquoi deux personnes ont-elles dû quitter la cage d’escalier ? Avaient-elles vraiment un couteau sur elles ou le gardien en a-t-il peut-être laissé échapper un pour pouvoir appeler la police ? Pourquoi la police a-t-elle lancé une chasse à l’homme, quand a-t-elle été appelée en premier lieu et comment la situation concernant la menace du couteau s’est-elle réellement résolue ? La police a-t-elle effectivement rencontré la même personne le lendemain ? Avait-elle le couteau sur elle ? Que signifie „comportement agressif“ et était-il vraiment nécessaire d’„immobiliser“ l’homme au sol ? Pour quels motifs l’homme a-t-il été arrêté et emprisonné ? Ce sont des questions que personne ne se pose - nous devrions tous être bien plus heureux que la police ait une fois de plus fait du bon travail et que nos rues soient désormais plus sûres, après avoir bloqué un gang aussi dangereux. C’est pourquoi la rédaction a décidé de traduire cette nouvelle en luxembourgeois, de lui trouver un slogan accrocheur et de la mettre en ligne, Source : RTL.

Bulletin de police : Arrestation après menaces à l’arme blanche et rébellion contre des policiers

„Dans la soirée du 10.12.2023, un incident a été signalé à la police dans un parking de la rue du Fort Wedell à Luxembourg-Ville. Après qu’un gardien de parking ait demandé à deux personnes de quitter la cage d’escalier du parking, l’une des personnes l’a menacé avec un couteau. Les recherches effectuées par la police se sont d’abord révélées négatives, mais le lendemain, une personne correspondant à la description de l’auteur a pu être retrouvée. Lorsque le suspect a été amené au poste de police, il a commencé à se comporter de manière extrêmement agressive à l’égard des policiers, raison pour laquelle il a dû être immobilisé au sol. L’homme a été arrêté sur ordre du procureur et présenté au juge d’instruction. Ce dernier a délivré un mandat d’arrêt.

RTL.lu : Immobilisé et arrêté : Rébellion contre des policiers et menace au couteau contre un gardien de parking

„Dimanche soir, un incident s’est produit dans un parking de la rue du Fort Wedell en ville. Un gardien du parking a demandé à deux personnes de quitter la cage d’escalier, après quoi l’une des deux personnes a menacé le gardien avec un couteau. Dans un premier temps, la police n’a pas pu identifier la personne recherchée. Toutefois, le lendemain, une personne correspondant à la description a été retrouvée. Lorsque le suspect a été amené au poste de police, il s’est montré très agressif envers l’agent et a dû être immobilisé. Il a été arrêté sur ordre du parquet et a eu un rendez-vous avec le juge d’instruction qui a délivré un mandat d’arrêt“.